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lundi, 15 octobre 2012

Anecdote "parisienne"

Au début des années 50, M. Arnal, alors maître d'école au Pied de la Tour, emmena sa classe visiter la capitale, Paris !

classe avril 1950bis.JPG

Et bien sûr tout ce petit monde campagnard monta à la Tour Eiffel pour admirer la vue sur la ville et ses environs...

René - le 3e garnement assis au 1er rang en partant de la gauche- dit alors à Claude -le 5e dans la même rangée- :

-" Dis Bourrassol ! Tu le vois ton Pradas ?"

Et ce fut une déferlante de rires méridionaux dans les étages de la Tour Eiffel ;-D

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*"tu le vois le Pradas, petit ?"

¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤

Quelques précisions pour les non-indigènes/autochtones que cette anecdote peut laisser de marbre... ou forts sceptiques sur la santé mentale des Boucoirannais...

Le Pradas c'est une grande terre agricole qui se trouve entre le Mas Bel Air et le canal, à la hauteur de Brignon

On peut y voir encore deux masets, dont l'un porte l'inscription "Vé, lou Pradas" !

C'était un des fleurons de la propriété Bourrassol. Et heureusement que Georges et Claude sont au cagnard de la Jassette pour l'éternité parce que s'ils voyaient leur Pradas aujourd'hui..... :-(

Ah ! et pour les "estrangers" vraiment "estrangers", ultime précision : Boucoiran et Paris sont distantes de quelques... 700 km  !

Merci à Christian B. pour la petite histoire ;-)

Patacol le hérisson bleu plume encrier.JPG

mercredi, 17 novembre 2010

ANECDOTES EN LANGUE DE CHEZ NOUS

J'aime le Patois, les histoires en Patois. Elles ont une saveur que le français ne peut pas rendre

Cette langue très imagée a bercé mon enfance, et si je la comprenais "dans l'ensemble" je ne la parlais pas ; même si quelques mots parfois viennent d'eux-mêmes émailler ma conversation ou mes écrits

C'est notre identité de Méridionaux, qui malheureusement se dilue dans le brassage des populations et le départ des plus âgés : des papés et des mamés....

Parce que le Patois c'est pas comme la bicyclette : quand on ne le pratique pas... on l'oublie !

Alors aujourd'hui pas de photos, je vais tenter une expérience auprès des visiteurs du blog :

- Si je vous raconte des histoires moitié français/moitié Patois vous êtes preneurs ?

Autant vous avertir tout de suite, mon Patois est phonétique (c'est pas l'Occitan, Patois des Facultés cher à notre ami de La Calmette ;-)) c'est celui que mon papé parlait au Pied de la Tour !

Zou, i anem, e veren ben !

*****

***

*

Il y a un Boucoirannais haut en couleurs qui a laissé de nombreux souvenirs (surtout de parties de rire) dans la mémoire du village. Si je vous dis Prosper Laporte vous voyez de qui je veux parler ?

Voici deux anecdotes le mettant en scène :

Corbeau N&B.PNG¤ Un jour Prosper arrive dans une vigne pour y ramasser des greffons. Au bout d'un moment un corbeau (un croupatas) vient se poser sur un arbre mort en bordure du canal et de la terre. L'oiseau se met à croasser (les grenouilles, elles, coassaient plus bas au bord de l'eau !)

Prosper, au bout d'un moment, se tourne vers le corbeau et lui dit :

-"Aura leou fini, bougre d'imbécile, es pas estounan qué lou rinard t'agué couillona toun fromadje en una vouës pariera !"

-"Tu auras bientôt fini, bougre d'imbécile, c'est pas étonnant que le renard t'ait couilloné ton fromage avec une voix pareille !"

***

¤ Une autre fois, il était aux prises avec sa camionnette Ford. IlFord N&B.PNG donnait un coup de manivelle et le moteur démarrait au quart de tour. Il partait alors à course pour monter dans le véhicule pour l'accélérer, mais dès qu'il posait le pied sur l'accélérateur le moteur calait ! Par trois ou quatre fois la même scène se répéta. Au dernier coup, il réussit à accélérer avec sa main. Il dit :

-"Ara, te tene ! mais foudra mounta dedins !" ["maintenant je te tiens, mais il faudra monter dedans !"]

Il réussit finalement à monter et à l'accélérer. Il prend alors mon papé à témoin :

"Escouta Frédou ! diriès una mostra !" [Ecoute Frédou !... On dirait une montre !]

Vous vous étonnerez peut être du fait que personne ne lui soit venu en aide, mais ceux qui travaillaient dans les terres à côté de Prosper, étaient souvent "pliés en deux du rire" et se tenaient les côtes, plutôt que d'aller prêter main forte à Prosper !

Mon père, quand il était enfant et qu'il rentrait chez lui à la fin de la journée, disait à sa mère : "Maman ! aujourd'hui y'avait Prosper !", et il partait d'un grand éclat de rire. Il avait tout dit. La journée, bien que dure au travail de la terre, avait passé comme un charme grâce à Prosper !!!

Allez, un petit supplément gratuit et tout en français :

Prosper alla un jour chez un imprimeur pour faire faire des cartes de visites

L'imprimeur lui donna les tarifs :

-Si vous en faites faire 50 ça vous coûtera 200F, si vous en faites faire 100 ça vous coûtera 380F,... plus vous en faites faire moins ça vous revient cher en fait !"

Et Prosper de répondre, avec son flegme habituel :

-"Et ben faites-en jusqu'à ce que ce soit gratuit !"

*

***

*****

 Ces anecdotes ont paru du temps où le hérisson bleu faisait partie des Randonneurs de Boucoiran et où il éditait la Gazette... à compte d'auteur, ça n'a duré que le temps que durent les roses.....

Mes amitiés au Grand Dédé qui reconnaitra les "exploits" de son papa.

On s'arrangera comme à l'habitude pour les droits d'auteurs André ;-D

P.S. : en préparant cette note j'ai appris à ma grande joie

qu'une petite jeune fille originaire de l'Est,

dont la famille s'est installée il y a quelques années au Pied de la Tour,

a choisit l'Occitan au collège alors que ce ne sont pas du tout ses racines,

et elle se régale : Bravo Laura !

Patacol le hérisson bleu plume encrier.JPG