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dimanche, 18 mars 2012

Histoire d'en rire

Aujourd'hui IL PLEUT... alors profitons-en pour rire un peu

J'ai retrouvé dans les archives des Gazettes des Randonneurs de Boucoiran, deux histoires racontées à l'époque par des lecteurs et pratiquants assidus (de la randonnée) Solange et André

Ils me pardonneront sûrement d'avoir un peu revu la mise en scène ;-)

Lou curat de Boucairan (le curé de Boucoiran)

Pin-s-Panzani-Figurine-158755430_ML.jpgL'abbé Charrier est resté dans les mémoires boucoirannaises bien plus par sa faconde et son petit côté épicurien que par le contenu de ses prêches

Ce brave homme habitait au presbytère (comme de bien entendu) qui se trouve (littéralement) au pied de la tour du château, et donc tout en haut du village

 Ce jour-là il sortit sa vieille bécane (il est aussi notoire que c'était un piètre conducteur automobile) pour aller visiter ses ouailles dans les hameaux éloignés

Mais voila-ti-pas qu'une fois monté sur son vélo, une mauvaise manoeuvre l'oblige à prendre la descente, plutôt rapide, de la rue du presbytère

Comble de malheur ses freins pètent à peine passé devant la maison de Valentine (en face l'impasse du Fort)

"Oh ! Bonne Mère ! oh ! Saint Christophe !" Il bade (crie) tout ce qu'il sait comme saints et appelle à son secours toutes les bonnes volontés du ciel... qui devaient se tenir les côtes du rire, assises sur le bord d'un nuage, en le voyant dévaler la pente à toute allure, sans pouvoir freiner, attendant la virepasse du curé les quatre fers en l'air et la soutane sur la tête dans le pré des aires

Bichette, qui habitait tout en bas de cette rue, juste après la porte médiévale, met le nez à sa fenêtre du 1er étage en entendant crier, et en un clin d'oeil analyse la situation, rentre, ressort et juste au moment ou l'abbé Charrier espéli (sort) de la vieille porte elle lui escampe (jette) dessus un peu de poudre blanche

"Oh ! Miracle!" le vélo stoppe net sa course folle !

"Ah ma brave Bichette ! Je vous remercie de tout coeur de m'avoir empêché de rejoindre bien trop tôt mon créateur ! Mais quelle est cette poudre blanche miraculeuse que vous m'avez jeté dessus ?"

Et Bichette de lui répondre le plus naturellement du monde :

"C'est de la poudre à récurer !"

... !!! ;-DDD   

*****

***

*

r_canut_vieux_banc2006-11-03jpg.jpgLa deuxième histoire se passe en Cévennes. Dans un hameau perdu au milieu des chataigniers. André et Henri sont partis "reconnaître" le sentier d'une prochaine sortie pédestre

Sur la place du village, ils voient un papé assis sur un banc. Et il pleure, il pleure...

Apitoyés par tant de chagrin nos deux compères s'arrêtent. A sa tenue ils reconnaissent un authentique autochtone : brailles (pantalons) de futaine, blouse noire, sabots aux pieds, casquette crasseuse formée sur le crâne, bâton ferré et sculpté. Un vrai vieux de la vieille, assis sur un banc aussi âgé que lui. Suivant l'expression consacrée, il avait du connaître Pétain capitaine

André s'approche et s'adresse au papé :

"Et bé Papé qu'est-ce qu'il vous arrive ?"

"Oh ! rien, c'est rien !"

"Mais enfin, à votre âge, on ne pleure pas pour rien"

"Oh c'est mon père... d'un parel de bassèou, il m'a viré la teste dé l'austre cousta (il m'a fait tourner la tête, d'une paire de gifles)... et devant maman en plus"   "sanglots redoublés"

"Fan de chiche" pensent André et Henri, "il a encore ses parents ce vieux ?"

"Et pourquoi il vous a fiché un pareil moustas (gifle)?"

"Oh, c'est parce que j'avais mal parlé à mon gran (grand-père) !"

De saisissement nos deux Boucoirannais tombent assis à côté du papé sur le banc !curé.png

"Mais..., enfin quel âge il a votre grand-père ?"

"Aïe, ma mille, lou saï pas (je peux pas dire)... je l'ai toujours connu... il était là bien avant moi ! Mais lou curat, lui, il doit le savoir, demandez-y..."

"Le curé ? Et pourquoi il le saurait le curé quel âge a votre grand-père ?"

Et le Papé sur le ton de l'évidence même :

"Eh bé c'est lui qui l'a baptisé !"             

... !!! ;-DDD  

 

                    Patacol le hérisson bleu parapluie.JPG   

Commentaires

Et bien voilà une bonne note en ce dimanche pluvieux

Écrit par : bernard | dimanche, 18 mars 2012

Te voilà bien en forme la Pat ! On vit vieux dans ton pays à ce que je vois, et quant à la poudre à récurer, même si elle est maintenant un classique, j'ai adoré ta façon de la raconter :-))

Écrit par : lacalmette | dimanche, 18 mars 2012

Oh ! j'aurais tant aimé mettre plus de patois que ça dans mes histoires... mais je sais pas ! ouiinn :'-(

Écrit par : Pat | dimanche, 18 mars 2012

j'étais dans la 2cv du papé CHARRIER quand il a eu un accrochage avec un autre totomobiliste dans le virage en bas descendant de la mairie là où on passe sous la voie et ça remonte à 1950 dans ces zeaux là heuuu pas Emile ZOLA mais l'eau de là ...

Écrit par : le bouif | lundi, 19 mars 2012

Et une autre histoire pagnolesque avec pour acteur l'abbé Charrier racontée de nombreuses fois en se tordant de rire par Jean-Paul le petit cousin de mon oncle Maurice Malzac, LE boulanger de Boucoiran.
Mon oncle Maurice avait une voix tès sonnore, une voix qui porte comme on dit, lorsqu'il parlait normalement on l'entrendait de loin. Il appelait toujours le curé, capélan en patois : Bonjours capélan, Comment allez-vous capélan ? Je ne l'ai jamais entendu dire Monsieur le Curé. Il recevait pendant les vacances Jean-Paul un petit cousin de Nimes. Au presbytère il n'y avait pas le téléphone et lorsqu'on voulait joindre le Curé on appelait à la boulangerie. Un jour le téléphone sonne, c'était pour le Curé. Mon oncle sort devant le magasin et crie à Jean-Paul qui jouait sur la platanette avec ses copains : Jean-Paul va dire au curé qu'on le demande au téléphone. Et en retour on entend la voix du curé depuis le presbytère : C'est pas la peine ! j'ai entendu ! j'arrive !

Écrit par : Dany | mercredi, 21 mars 2012

hi hi je m'en souviens bien de cette histoire souvent racontée dans la famille.

Là c'est du réel, du vécu ;-) contrairement à mes deux petites histoires...

Écrit par : Pat | mercredi, 21 mars 2012

Heureux temps où je me souviens (mais peut-être l'ai-je déjà écrit ?)
Avoir vu Mr le maire attendre au bureau de poste
et donner un grand coup d'épaule à Mr le curé
qui attendait aussi.
Et moi enfant.....
rassurée de voir ces deux personnages connus
avoir des gestes très amicaux.

Écrit par : Arécol | mercredi, 21 mars 2012

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